Jannah Theme License is not validated, Go to the theme options page to validate the license, You need a single license for each domain name.
Société

Guerre en Ukraine :

A Boutcha, ville martyre, l'école reprend vie un an après l'invasion russe

 

Les collégiens de Boutcha ont repris les cours très récemment dans leur école reconstruite

 

Un an après le début de la guerre, l’école de Boutcha a rouvert très récemment. 70% des élèves sont revenus et étudient dans une école reconstruite en un temps record.

Dans la ville martyre de Boutcha au nord de Kiev, l’école numéro 3 a rouvert en septembre pour une partie des élèves et mi-janvier 2023  pour une autre partie. Depuis, un semblant de normalité a repris.

Dans cette salle de classe rénovée, c’est cours de géographie ce matin. Macha, 13 ans, note le nom des différents vents qui existent en Amérique du nord. Cela fait seulement 1 mois qu’elle a pu retourner dans son établissement. « Je suis heureuse car c’est une vie normale d’aller à l’école. Je suis contente d’avoir retrouvé mes amis, mes professeurs. Et de voir qu’ils sont en vie. Ce qui change c’est que maintenant je comprends à quel point il est important que j’aie cette vie normale ».

Chaque élève a une histoire particulière. Il y a ceux qui ont pu fuir la ville, ceux qui ont dû rester. Nestor, par exemple, a passé plusieurs mois au Danemark mais il reste marqué par sa fuite de Boutcha quelques jours après l’invasion.

« Depuis mon balcon, je pouvais voir les tanks russes. Je les voyais tirer. On ne pouvait pas utiliser nos téléphones car il n’y avait plus de réseau. On a essayé de fuir une première fois, mais les Russes nous ont bloqué. Il y avait des cadavres dans les rues, pleins de voitures abandonnées. Finalement, on a réussi à rejoindre des soldats ukrainiens à Irpin. Puis, on est parti à Lviv et  après le Danemark. »

Sur le bureau de la professeure, un ordinateur est branché pour les écoliers qui sont encore à distance. Certains sont toujours à l’étranger, d’autres ont peur de sortir de chez eux. 30% des élèves étudient encore à distance.

Tania Rabatchouk, leur professeure s’est donnée une mission : leur redonner goût à la vie et aux études. « On s’oblige à être de bonne humeur, à afficher un sourire sans faille. On change d’activités souvent pour les occuper. Si ça ne va pas, on sort dehors prendre l’air, on cherche des astuces pour que tout le monde reste calme. Parce que ce sont ces enfants qui sont l’avenir de notre pays. Ils doivent être heureux et instruits ».

n’y a en présentiel jamais plus d’enfants que le bunker peut accueillir, soit environ 500 places. Pour pouvoir rouvrir, l’école numéro 3 a dû être reconstruite car les Russes s’en sont servi de centre de commandement tout le mois de mars 2022. Quand les professeurs sont revenus dans l’école le 14 mai dernier, ils n’ont pu que constater les dégâts. « Ils ont pris tous les ordinateurs, les télévisions », raconte Olha, « ils ont même joué au basket avec le matériel informatique. Ils ont à peu près tout cassé ou volé ».

Si cette école a pu rouvrir c’est parce qu’il y a un abri antiaérien. Un immense sous-sol qui a été rénové et aménagé avec l’aide de l’UNICEF. Sur les murs des dessins d’enfants et des couleurs, il y a plusieurs salles de classe, des lits, une salle de cinéma.

Cet endroit est utilisé quotidiennement, même plusieurs fois par jour comme le raconte Olha, la professeure d’anglais : « Ce matin, au début de la deuxième heure de cours, il y a eu une sirène,  à cause d’un hélicoptère au-dessus de la ville. On est tous descendus ici dans le bunker et on y est resté deux heures. Certains élèves ont joué, d’autres ont travaillé. C’était difficile au début, on avait peur que les enfants qui avaient subi l’occupation russe soient traumatisés de retourner en sous-sol. Mais je dois avouer qu’avec leurs camarades et les professeurs, l’effet de groupe fait que ça se passe bien ».

grâce à des dons étrangers, une partie du bâtiment a pu être rénovée. Mais ce semblant de normalité retrouvée ne suffit pas à laisser la guerre à la porte de l’école. Comme l’explique Olha, la prof d’anglais : « On parle de tout ça, de tout ce qui s’est passé. On leur explique quoi faire s’ils trouvent une mine, quoi faire si la situation se dégrade à nouveau. On parle de ça tout le temps ».

Olha l’avoue : beaucoup d’enfants auraient besoin d’être suivis psychologiquement. Mais pour l’instant, aucun programme pour les aider n’a pu encore voir le jour.

Articles similaires

Bouton retour en haut de la page