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Acouphènes : 14 % des adultes sont touchés mais il n’existe toujours aucun traitement

Acouphènes : 14 % des adultes sont touchés mais il n’existe toujours aucun traitement
L’apparition d’acouphènes résulte le plus souvent de pathologies de l’oreille (perforation des tympans, infections…) ou d’une exposition prolongée aux bruits intenses.

Plus d’un adulte sur dix dans le monde est victime d’acouphènes. Les recherches médicales se poursuivent pour améliorer la compréhension et la prise en charge du problème, mais aucun soin curatif n’existe

« Comme le bruit d’une radio mal réglée en permanence dans l’oreille ». À l’instar de plus d’une personne sur dix, Roselyne Nicolas est victime d’acouphènes, un phénomène bien connu mais toujours sans traitement à ce jour. Sifflements, bourdonnements, chuintements… ces bruits, qui ne proviennent pas du monde extérieur, peuvent être perçus dans une seule oreille ou dans les deux, de manière continue ou intermittente, transitoire ou persistante.

Selon différentes études, quelque 14 % des adultes tous âges confondus seraient touchés dans le monde par des acouphènes. Sans gravité, ce phénomène est toutefois considéré comme très invalidant dans 1 à 2 % des cas. « C’est très désagréable, ça rend difficile la compréhension et peut perturber le sommeil », témoigne Roselyne Nicolas, 77 ans, vice-présidente de l’association France Acouphènes. Dans son cas, les acouphènes sont apparus à la suite d’une tumeur bénigne sur le nerf auditif il y a 20 ans, qui lui a laissé une déficience auditive.

Sons fantômes

Ils résultent le plus souvent de pathologies de l’oreille (perforation des tympans, infections…) ou d’une exposition prolongée aux bruits intenses. Car, face à une perte d’audition, le cortex auditif met en place des mécanismes de compensation : des sons qui n’existent pas – des sons fantômes – mais perçus comme tels par le système nerveux central, sans stimulation acoustique extérieure. Le retentissement des acouphènes est très variable d’un individu à l’autre : de la simple gêne, ils peuvent handicaper la vie quotidienne en engendrant stress, irritabilité, anxiété…

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« On milite pour la reconnaissance de cette pathologie, qui n’est pas une maladie en soi mais qui occasionne des symptômes susceptibles d’engendrer de vraies maladies comme la dépression », explique Roselyne Nicolas. Une étude publiée jeudi par les associations la Journée nationale de l’audition (JNA) et France Acouphènes montre que la première consultation par un professionnel de santé arrive en moyenne tardivement, 6-7 ans après les premiers symptômes. Si de nombreuses personnes consultent pour des acouphènes, il n’existe pas de traitement curatif à ce jour.

« Double peine »

La prise en charge consiste le plus souvent à mettre en place une aide auditive, un appareillage qui permet une meilleure tolérance des acouphènes. La pose de prothèses émettant un bruit de fond, modéré mais permanent, appelé bruit blanc, peut aussi contribuer à masquer les acouphènes et soulager la gêne quotidienne. Selon l’étude publiée jeudi, les 1 563 personnes concernées par les acouphènes ayant répondu à un questionnaire entre octobre 2023 et février 2024 évaluent leur reste à charge moyen à 1 079,85 euros par an.

Les associations pointent ainsi une « double peine » : une souffrance physique et morale mais aussi économique. Parmi les répondants, 11,4 % ont par ailleurs dû changer d’emploi ou de poste de travail. Les recherches médicales se poursuivent pour améliorer la compréhension et donc la prise en charge du problème. Le projet « Audicog » mené par la Pr Séverine Samson (université de Lille), le Dr Alain Londero et leur équipe à l’AP-HP (hôpital européen Georges Pompidou et la Pitié Salpêtrière) et à l’Institut du cerveau, avec le soutien de la Fondation pour l’audition, vient de livrer ses premiers résultats.

La promesse paraît insensée et pourtant… une application qui rend accessibles des techniques de thérapie cognitivo-comportementale (TCC) face aux acouphènes présenterait des résultats proches de ceux d’un suivi psychologique classique

« Troubles de l’attention »

L’étude a été menée sur 300 personnes, âgées de 18 à 60 ans, hommes et femmes, dont 150 souffrant d’acouphènes (les autres servant de témoin). « On a fait des tests exhaustifs de l’attention, de la mémoire, de la cognition, avec en complément des études d’imagerie cérébrale », expose la Dr Samson. Ces tests ont mis en évidence « des troubles de l’attention » chez les personnes souffrant d’acouphènes, soit une vigilance moins forte à des signaux d’alerte, résume Alain Londero.

Autre résultat majeur : un rapport altéré à la musique, les participants atteints d’acouphènes jugeant désagréable l’écoute d’extraits musicaux. Pour les médecins, ces découvertes incitent à considérer les aspects cognitifs et socioémotionnels lors d’une prise en charge pour des acouphènes, au-delà de la seule sphère auditive. « Cela ouvre la porte à des techniques de rééducation, ciblées sur le dysfonctionnement identifié, comme par exemple de la musicothérapie », illustre Alain Londero.

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