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Déchets de Paris… quels enseignements après trois semaines de grève des éboueurs

l'Art fait des merveilles

Après la suspension du mouvement ce mercredi, 5 800 tonnes de déchets restent à ramasser dans la capitale. En attendant, ces trois semaines de crise ont déjà mis en relief d’évidentes problématiques.

Paris (XIIe), le 23 mars. Les tas de déchets vont diminuer, mais le retour à la normale prendra encore plusieurs jours. LP/Delphine Goldsztejn
Paris (XIIe), le 23 mars. Les tas de déchets vont diminuer, mais le retour à la normale prendra encore plusieurs jours. LP/Delphine Goldsztejn

Vingt-deux jours de grève, 10 000 tonnes d’ordures dans les rues au plus fort de la mobilisation, des incinérateurs bloqués et des réquisitions d’agents pour prévenir un risque sanitaire… Alors que la CGT a annoncé la suspension du mouvement de grèvedes éboueurs de la Ville de Paris à compter de ce mercredi, la situation d’améliore avec 5 800 tonnes de déchets toujours non collectés en date d’hier mercredi, selon les chiffres de la municipalité.

les poubelles s’accumulent dans la ville de Paris et la grève des éboueurs se poursuit. À tel point que certaines copropriétés ont perdu patience et se sont mises à démarcher et payer elles-mêmes des sociétés de nettoyage pour ramasser les déchets de leur immeuble.

10.000 tonnes de déchets étaient ce lundi matin dans la capitale et peut-être beaucoup plus . La grève des éboueurs pourrait s’étendre à cinq nouveaux arrondissements parisiens, des quartiers gérés par l’entreprise privée Derichebourg où la CGT a déposé un préavis dimanche soir et pour une durée indéterminée. Négociations en cours ce lundi matin entre les salariés et la direction. Mais les habitants, eux, perdent patience.  les propriétaires des immeubles ont démarché eux-mêmes une société de nettoyage.

La chambre syndicale de la dératisation, désinsectisation et désinfection (CS3D) a enregistré, depuis 2022,  une augmentation de 35 % du nombre de dératisations. Un phénomène qui concerne aussi bien la région parisienne que le reste de la France.

Les rats prolifèrent dans les villes et les campagnes. La chambre syndicale de la dératisation, désinsectisation et désinfection (CS3D) a enregistré, depuis la grève, une augmentation du nombre de dératisations (+35%).  En conséquence, les dératiseurs sont de plus en plus sollicités. Jordi, habitant de l’Essonne, en a contacté plusieurs, alerté par des grattements dans les combles durant la nuit. « Au début, je me disais que c’était les pigeons sur le toit, mais quand c’est arrivé dans les murs j’ai compris que ça n’était peut-être pas ça », a-t-il raconté.

Un danger pour la santé publique

Armés de lampes torches et de gants en plastique, les dératiseurs, Cyril et Thibaud, ont dû se rendre au logement de Jordi et ils ont inspecté minutieusement les combles de l’immeuble. Pour rappel, les professionnels du secteur ont dû intervenir plus de 6,4 millions de fois en 2023.

Après un rapide tour des lieux, les deux spécialistes ont rapidement découvert des déjections qui ont confirmé les craintes de l’Essonnien. « Quand on trouve des déjections comme cela, il n’y a pas de doute qu’on ait une présence de rats », a annoncé l’un des deux dératiseurs au micro d’Europe 1.  « On va mettre un poison qui devrait les tuer d’ici quatre ou cinq jours », a expliqué le dératiseur. « Mais il est également urgent de découvrir par où les rats se faufilent dans les combles », a-t-il ajouté. Le phénomène constitue un danger pour la santé publique puisque l’urine de rat peut transmettre des maladies parfois mortelles pour l’Homme.

Les rats ont ressurgi en France

Ces interventions sont devenues le quotidien de ces deux dératiseurs. Depuis les confinements, les rats ont ressurgi en grande quantité dans toute la France. D’autres facteurs entrent en jeu : les nouvelles règles sur les poisons, le coût des interventions et les travaux, comme ceux du Grand Paris, font fuir les rats souterrains. « Ils n’avaient plus à manger dans les parcs et les sous-sol, donc ils se sont rapprochés des habitations pour survivre. On en voit même sortir le jour maintenant ce qui n’arrivait jamais avant », a déclaré Cyril, le dératiseur.

« C’est à vomir »

« C’est dégoûtant, ça sent mauvais. C’est à vomir, en fait. » Laure est l’une des propriétaires d’un immeuble et selon elle, faire intervenir une société privée pour ramasser les ordures ménagères était devenue une nécessité. « Le trottoir devant mon immeuble débordait de poubelles. Franchement, je commençais à avoir peur pour mes parents, pour mes enfants, quasiment autant qu’au début du Covid. Je n’en suis pas encore à mettre le masque pour les bactéries, mais je mets le masque pour l’odeur parce que vraiment, ça sent mauvais. »

Pour Laurie, la gardienne de l’immeuble, plus encore que l’odeur et la saleté, ce sont les rats et les maladies qu’ils transportent qui l’inquiète. « Ça, j’ai jamais vu. Les rats se déplacent et urinent partout. Moi-même, j’ai une terrasse, j’ai installé des ultrasons, je mets du citron partout parce qu’ils n’aiment pas l’odeur. C’est devenu une phobie. »

Une quinzaine d’euros par propriétaire

Pour ce ramassage, chaque propriétaire de l’immeuble a dû débourser une quinzaine d’euros, une somme très raisonnable. Le problème, c’est que dans cette rue, tout le monde n’a pas fait ce choix et donc les poubelles continuent de s’amasser devant les immeubles voisins.

À Paris, le volume de déchets a tout de même diminué ce week-end : 2.000 tonnes ramassées grâce à la réouverture de trois usines d’incinération autour de la capitale. Plusieurs restent bloqués ce lundi matin, comme celle d’Argenteuil, dans le Val-d’Oise.

Ramassage des poubelles à Paris : la grève des éboueurs suspendue à partir de mercredi, annonce la CGT

Le syndicat dit « à bientôt aux salariés toujours en grève et en lutte », car « nous allons ressurgir ».
La grève de la collecte des déchets a provoqué l'amoncellement des ordures dans les rues de la capitale. A Paris, le 25 mars 2023. (JEROME LEBLOIS / HANS LUCAS / AFP)

La CGT de la filière déchets et assainissement a annoncé, le mardi 28 mars, la suspension à partir de mercredi de la grève des éboueurs à Paris et du blocage des incinérateurs, qui ont provoqué l’amoncellement des ordures dans les rues de la capitale depuis le 6 mars.

« Nous avons besoin de rediscuter avec les agents de la filière déchets et assainissement de la ville de Paris afin de repartir plus fort à la grève (…), car nous n’avons presque plus de grévistes », reconnaît dans un communiqué la CGT-FTDNEEA, qui rassemble les éboueurs, égoutiers, conducteurs de bennes de la capitale.

« C’est pour cela que nous suspendons notre mouvement de grève et de blocage à partir du mercredi 29 mars », annonce le syndicat qui dit « à bientôt aux salariés toujours en grève et en lutte », car « nous allons ressurgir ».« Le combat n’est pas terminé, (Emmanuel) Macron et (Elisabeth) Borne doivent retirer cette réforme et se mettre à la table des négociations », réaffirme le syndicat majoritaire dans la filière.

« Redémarrage de l’incinération » mercredi à Ivry

La grève des agents, et surtout le blocage des trois incinérateurs desservant la capitale, notamment celui d’Ivry-sur-Seine, le plus important, ont entraîné un spectaculaire entassement des déchets non ramassés dans la capitale.

Mardi, au 23e jour du mouvement, « la collecte des déchets restait déjà très perturbée » à Paris, a résumé l’adjointe à la propreté Colombe Brossel sur Twitter. Mais le volume global baisse de nouveau avec 8 000 tonnes de déchets non ramassés, contre plus de 10 000 vendredi, a déclaré la maire PS Anne Hidalgo dans un tweet.

La fin du mouvement dans deux des trois usines d’incinération, annoncée vendredi par l’agence métropolitaine Syctom, et la réquisition de la troisième par la préfecture de police ont permis un début de désengorgement. Mais des blocages subsistaient toujours mardi aux portes de deux des trois usines, a indiqué le Syctom à l’AFP.

Si l’usine de Saint-Ouen, où les fours sont encore en maintenance pendant « quelques jours », réceptionnait les déchets normalement, celle d’Issy-les-Moulineaux faisait l’objet d’un « barrage filtrant intermittent par des personnes extérieures au site » et l’accès à celle d’Ivry-sur-Seine était toujours bloqué, a précisé le Syctom. L’opérateur prévoit le « redémarrage de l’incinération demain » mercredi à Ivry, alors qu’elle est déjà possible « depuis ce week-end » à Issy.

 à Paris, un artiste transforme les poubelles en œuvres d’art

Grève des éboueurs : à Paris, un artiste transforme les poubelles en œuvres d’art
Grève des éboueurs : à Paris, un artiste transforme les poubelles en œuvres d’art – © Andrej Filipovic / iStock

Le street-artiste Bisk s’est emparé des rues parisiennes, et plus particulièrement des poubelles qui envahissent les trottoirs, pour donner vie aux ordures.

Depuisla grève  suite à la mobilisation contre la réforme des retraites, les poubelles s’accumulent depuis maintenant plus de deux semaines dans Paris. En attendant un retour à la normale qui devrait aujourd’hui jeudi 30 mars, le street-artiste Bisk en a profité pour réaliser ses œuvres sur de nouveaux supports. Armé de bombes de peinture, il transforme les tas de déchets accumulés sur les trottoirs en intrigants personnages qu’il appelle « les monstres » sur son compte Instagram.

Depuis une semaine, l’artiste sillonne donc les rues de la capitale pour créer ces personnages. Une façon de s’amuser dans un contexte encore tendu. Depuis le début de la grève, il a tagué près de 3 000 sacs poubelles. Plastiques, cartons, cagettes, tout est utile et réutilisé pour donner vie à ces monstres qui arpentent les rues et envahissent les entrées d’immeubles.

UN NOUVEAU TERRAIN DE JEU… OU PAS

« Tout est déjà là », a commenté Bisk lors d’une interview pour « Le Monde ». Ainsi, un sigle Amazon devient rapidement un sourcil qui surplombe une poubelle cylindrique pour faire un œil, puis un carton est décoré d’une moustache ou d’une bouche. Un jeu simple qui demande de l’imagination, mais qui donne le sourire aux passants amusés. Selon la quantité de poubelles accumulées, l’artiste en profite également pour créer des familles de monstres.

Cependant, l’artiste affirme que son idée n’est pas née de la grève des éboueurs. En effet, il a déjà travaillé sur ce type de support. « Je m’étais enfermé dans une décharge dont j’ai transformé les montagnes de poubelles en monstres. C’était comme une exposition immersive », a-t-il confié à.

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